Haïti
Badminton Club fait le point
Vendredi 26 Août
2011
Des « badistes », pratiquants du badminton, ont
décidé, il y a quelques mois, de s'organiser
formellement et ont créé un club dénommé Haïti
Badminton Club. Suite à la création de la
Fédération Haïtienne de Badminton, le Nouvelliste
a rencontré les membres de Haïti Badminton Club
qui ont réagi sur le processus mis en place pour
élire le comité exécutif de cette nouvelle
fédération. Certains membres de l'association
qualifient cette initiative d'illégale et
d'arbitraire, vu qu'à l'intérieur de ce comité, ne
figurerait aucun pratiquant de cette discipline.
Une association toute « jeune »
Haïti Badminton Club, qui a pris formellement naissance le 18 novembre
2010 à Port-au-Prince, rassemble plusieurs «
badistes » (ou joueurs de
badminton) de grande expérience, mais aussi des néophytes. A date, le club
compte une trentaine de membres inscrits et évolue
au Gymnasium Vincent de la rue Romain, malgré les
travaux de rénovation en cours, ainsi qu'à la
Faculté des Sciences Humaines de l'UEH.
Haïti Badminton Club prône l'amour du jeu et veut faire briller l'étoile
du badminton en Haïti. L'une de ses priorités,
définie lors de l'assemblée générale fondatrice,
était de conduire des activités visant à la mise
en place des structures capables de développer à
l'avenir la pratique de cette discipline, à
l'échelle du territoire national.
Les fondateurs d'Haïti Badminton Club se réclament de l'héritage des
pionniers de ce sport en Haïti. Miguel Labossière,
secrétaire général du club, mentionne notamment
Alix Pasquet et Claude Roumain qui implantèrent le
jeu dans le pays dès 1948, mais aussi leurs
successeurs, Fritz Berrouet, Clermont Laroche,
Benjamin et autres dans les années 70 et enfin,
plus près de nous, Gérard Berrouet, Michel Simon
et Claude Taluy vers la fin de la décennie 80.
Pour ne citer que ceux là ...
Un des hauts lieux de pratique de cette discipline était la propriété de
la famille Berrouet, sise à la rue Camille Léon.
Plusieurs membres de Haïti Badminton Club ont
évolué sur ce terrain en terre battue. Au début
des années 1990, une compétition à l'initiative de
Georges Berrouet s'était déroulée au Gymnasium
Vincent. Georges Vilain et Miguel Labossière en
étaient sortis respectivement champion et
vice-champion.
Haïti Badminton Club et la Fédération Haïtienne de
Badminton
Etonnamment, les rapports de HBC avec la nouvelle Fédération Haïtienne de
Badminton ne sont pas au beau fixe.
« Je suis très étonné à l'annonce dans la presse
de la création de cette dite fédération sans la
présence de pratiquants du badminton », a déclaré
Frantzy Valentin, conseiller de Haïti Badminton
Club.
Si Frantzy Valentin est d'accord pour prendre
contact et se réunir avec cette fédération de
badminton nouvellement créée, d'autres membres du
club ne partagent pas le même avis et pensent
qu'il reviendrait plutôt au comité exécutif de la
dite entité de venir rencontrer ceux qui sont bien
imbus du badminton au pays, afin de définir une
stratégie globale de développement et de
structuration.
« Quelle est la légitimité de cette Fédération ?
», s'est demandé le Dr Guy Marcel Craan, membre de
HBC. « On devrait s'interroger sérieusement sur le
respect de certains principes démocratiques : Y a
t'il vraiment eu des élections ? Si oui, quelle
entité les a organisées ? Comment s'est effectué
le recueil des candidatures ? Y a-t-il eu
convocation publique ?
Quels clubs ont siégé lors de ces élections ? » a-t-il poursuivi. « S'il
s'agit d'un Comité d'initiative, ayant pour
objectif de mobiliser les acteurs intéressés à la
création d'une fédération, on peut accepter une
certaine souplesse. Mais si on parle d'une
véritable fédération, le processus doit répondre à
certaines exigences, sous peine d'être assimilé à
une manoeuvre d'usurpation ? ».
Pour sa part, le Dr Mario Laroche, président de Haïti Badminton Club,
souligne que tout le monde est déçu de la façon
dont cette fédération a été créée, mais se dit
ouvert au dialogue malgré les réserves de certains
pratiquants et d'autres membres de l'association.
Il attend aussi de connaître la position
officielle du Comité Olympique Haïtien qui semble
étroitement lié à cette initiative.
« Ce qui est le plus important, affirme le Dr
Laroche, c'est le développement du jeu, surtout au
niveau des établissements scolaires où un travail
avait déjà commencé.
Certains membres du club sont, depuis 1994 et aujourd'hui encore,
moniteurs de badminton au sein de plusieurs
établissements scolaires de la capitale. Il est
aussi important de fédérer les nombreux joueurs de
badminton éparpillés ici et là. ».
Et de conclure : « Haïti Badminton Club entretient déjà des relations avec
d'autres groupes de pratiquants qui évoluent à
Port au Prince et en province : à l'Ecole Virginie
Sampeur - avec Raymond Lafontant Jr, JeanRobert
Argant et compagnie, à Frères - chez Ketly Mars et
les Duret, au Gymnasium du Cap et aux Cayes. Nous
poursuivrons les efforts en vue de promouvoir le
badminton dans le pays. Les conditions de pratique
sont loin d'être satisfaisantes et il y beaucoup
de travail à faire. ».