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Les habitants des Gonaïves peinent à retrouver une vie normale dimanche 26 septembre 2004

   GONAIVES (AFP) - Pateaugeant dans l'eau et la boue, les habitants des Gonaïves (nord-ouest) peinent à retrouver une vie normale dans leur cité ravagée par les flots furieux de la tempête tropicale Jeanne.

   L'électricité était toujours coupée dans cette ville de 250.000 habitants, en partie nourris par la communauté internationale. Les réseaux d'eau potable et d'évacuation des eaux usés, peu efficaces en temps normal, dévastés par la montée brutale des eaux, sont tous inutilisables.

   Venue présider samedi une réunion du comité local de coordination des secours aux Gonaïves, la ministre de la Santé Josette Bijoux estime qu'il faudra beaucoup de temps pour établir un bilan définitif". Jusqu'ici 1.196 morts ont été recensés aux Gonaïves et un millier de personnes restent toujours portés disparues.

   Le "comité de gestion des cadavres", qui fait partie du comité de coordination, évalue d'ailleurs ses "besoins à 2.000 linceuls en plastique". Chaque jour de nouvelles victimes sont retrouvées avec la baisse des eaux. Samedi matin, un cadavre, enroulé dans une bâche blanche, avait été déposé au bord de l'avenue des Dattes, la grande artère qui traverse la ville, dans l'attente de son ramassage.

    A quelques mètres de là, des enfants jouaient dans l'eau boueuse stagnante où des femmes faisaient leur toilette ou lavaient le linge. Pour Mme Bijoux, les "risques sanitaires", comme les "diarrhées, la typhoïde ou le tétanos" sont bien réels. La ministre vient donc de demander à 200 médecins et infirmières de Port-au-Prince de venir donner des conseils en épidémiologie aux habitants des Gonaïves. Seul point positif, déclare-t-elle, "l'eau des puits artésiens est claire et pourra être, une fois désinfectée, distribuée par citernes".

   De leur côté, les organisations humanitaires internationales, comme la Croix-Rouge, ont entrepris samedi d'installer des citernes souples permettant de stocker l'eau potable puis de la distribuer par un réseau de tuyaux souples. Au carrefour d'entrée de la ville, devant les restes du commissariat détruit par un émeute anti-Aristide au début de l'année, des habitants attendaient l'arrivée des camions d'aide humanitaire.

  Samedi en début d'après-midi, ils ont vu passer un convoi de camions aux couleurs du Programme alimentaire mondial (Pam), venu distribuer, sous l'égide du gouvernement haïtien, des vivres. Cette distribution, à laquelle les organisations humanitaires comme Care et Action contre la Faim, n'avaient pas été associées, s'est déroulée dans cinq endroits de la ville, sous forte escorte de Casques bleus de la Mission de stabilisation des Nations-Unies en Haïti (Minustah).

   Au centre de coordination de l'Onu, installé à l'université, des Casques bleus brésiliens filtrent les habitants malades ou blessés, et les aiguillent vers un médecin militaire qui ausculte les femmes enceintes et soigne à grandes doses d'antibiotiques les victimes de grosses coupures ou d'infections cutanées.

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